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    Il y a peu, je postai un article sur le "dessin du bonhomme" à l'école maternelle. A cette occasion, les éditions Ebla m'ont signalé l'existence d'un de leurs ouvrages présentant les différentes étapes du dessin d'un bonhomme. Ils m'ont également envoyé 2 spécimens, ce dont je les remercie chaleureusement, en particulier ce joli livre dont je compte parler plus longuement aujourd'hui :

     

    premier test in vivo

    Il se trouve que j'avais à ma portée un cobaye (qui n'a pas été maltraité pendant l'expérience) de 3 ans exactement, donc dans la tranche d'âge visée par la collection (entre 2 et 7 ans).

    Elle a beaucoup aimé les images, a abondamment parlé, plus qu'avec la plupart des albums jeunesse, en me montrant chaque détail de l'illustration. Il faut dire qu'il y a assez peu d'éléments, l'ensemble étant très épuré, ce que j'apprécie beaucoup personnellement (et la petiote aussi il faut croire). Les images ressemblent vraiment à de la peinture enfantine, sans la singer comme ce peut être le cas dans certains albums jeunesse. Si mon côté maîtresse déteignait sur mon côté maman, je dirais que ce livre a été un excellent support de langage pour ma pitchoune !

     Du reste, je pense que c'est un bon point pour la collection d'être présenté davantage comme occasion "de visualiser l’évolution des dessins de l’enfant et d’aborder le vocabulaire des
    différentes parties d’un bonhomme, d’une maison et d’un arbre (...)"  plutôt que comme un énième bouquin de "dessin par étapes" du type "j'apprends à dessiner les arbres/les bonshommes/les maisons"

    Celui-là est magnifique : Même si on fait abstraction des stéréotypes de genre (une telle accumulation en une seule couverture, c'est très fort) on constate tout de suite qu'il s'agit de reproduire des gestes stéréotypés pour produire des dessins standardisés, et absolument pas de travailler ni l'observation du réelle ni une quelconque technique picturale.

    En effet, comme j'ai déjà essayé de l'expliquer notamment dans mon article sur le dessin du bonhomme, il me semble qu'on confond souvent l'exécution d'un dessin avec la compréhension de ses éléments.

    L'autre jour, ma puce me demandais de dessiner "un monsieur". Après avoir commencé de façon assez classique par la tête, je lui ai posé à chaque étape la question "Et maintenant, qu'est-ce que je rajoute?". Figurez-vous que, comme elle n'a pas encore bénéficié du programme spécial d'entrainement "dessin du bonhomme", elle m'a dit d'abord qu'il manquait les pieds, puis le ventre, puis les cheveux, puis les mains,... le tout dans un ordre assez aléatoire mais plutôt exhaustif.

    C'est qu'à son âge, on a du mal à concevoir le rapport des parties au tout. C'est la période du "dessin énuméré". Les petits font généralement de minuscules grabouillas, traits ou points en commentant "là c'est c'est la tête du dragon, là c'est une patte, là c'est la queue, là le château,...". On ne peut que les croire sur parole !

    Ainsi, lorsqu'il dessine un arbre, l'enfant dessine généralement comme on tracerait un pictogramme, en pensant plus à la signification "arbre" qu'à ce qu'il voit vraiment. Il "sait" qu'un arbre possède un tronc, des branches, des racines,... et va les représenter plus ou moins sommairement. Un ouvrage comme celui que j'ai montré à ma fille permettra alors de préciser cette connaissance des constituants de l'arbre.

    Dans le cas du "dessin du bonhomme", je pense donc que la lecture collective de l'album équivalent sur le bonhomme sera bien plus efficace pour l'enrichissement de "la conscience du schéma corporel" que la répétition ritualisée de la copie du "bonhomme par étapes" éventuellement guidée par la chanson d'Anne Sylvestre (même si j'aime profondément l’œuvre d'Anne Sylvestre)

    Lorsque l'on veut passer du dessin comme alternative à la rédaction du petit enfant au véritable dessin d'observation, le dessin par étapes ne me semble pas non plus pertinent, du moins tant qu'il est utilisé comme application d'une recette dont on suit chaque étape sans comprendre à quoi elle correspond par rapport au résultat final.

    (Traduction à destination des lecteurs dont les compétences en anglais sont en cours d'acquisition -> "Comment dessiner un hibou" 1. Dessine des cercles 2. Dessine le reste du foutu hibou )

     

     Bon, mais c'est bien gentil tout ça, si on ne peut pas se fier aux "j'apprends à dessiner les marsupiaux mignons en 4 étapes", comment on fait ?

    ... On apprend à observer (J'ai écrit il y a quelques années de petites leçons de dessin d'observation pour ceux que ça intéresse) , puis à dessiner vraiment ce qu'on voit en le décomposant en formes simples, chacun à son niveau : on montrera à l'élève de maternelle que le tronc de l'arbre est comme "un gros rectangle marron" dont partent "des branches qui sont comme des traits plus petits de la même couleur".

    L'enfant plus âgé et l'adulte feront des observations plus précises et seront capable d'une plus grande maîtrise d'exécution. L'amateur de dessin qui veut aller plus loin pourra lire le traité de la peinture de Léonard de Vinci et en tirer des conseils précieux pour améliorer son travail. ("Dans un automne vous ferez les choses conformément à la qualité du temps ; c’est-à-dire, qu’au commencement de cette saison les feuilles des arbres qui sont aux plus vieilles branches commencent à devenir pâles, plus ou moins, selon la stérilité ou la fertilité du lieu ; et ne faites pas comme plusieurs Peintres qui donnent toujours une même teinte et la même qualité de verd à toutes sortes d’arbres, lorsqu’ils sont à la même distance..." )

     

     

    (Sinon pour ceux qui veulent un "learning time" sur Dürer garanti sans dessin par étape, il y en a un ici -cliquez- )

    Par conséquent, je pense que les livres du type "j'apprends à dessiner" apprennent en réalité bien moins à dessiner que ce petit "l'arbre, que lui manque-t-il ?", même si ma fille en est encore pour l'heure aux gribouillis (et elle a bien le temps)

    Le dessin par étapes

     

     

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  • Elève Picasso : schéma corporel : Non acquis En cours d'acquisition (restons dans l'évaluation positive)

     

    Le dessin du bonhomme, il met (quasiment) tout le monde d'accord: Mignon aux yeux des parents , pour les enseignants de maternelle il est facile à relier aux programmes, à évaluer, compiler et faire évoluer à l'aide de toutes sortes de variantes plus ou moins farfelues (On peut faire "le dessin du bonhomme" aux pastels sur carton d'emballage, au coton tige sur papier alu, à l'acrylique sur papier bulles ou à l'aide de collages de publicité "pour varier" intello ). Le dessin du bonhomme et parfois même le "cahier du bonhomme", dans lequel on dessine un bonhomme par mois, est souvent présenté comme obligatoire au cycle 1. Je l'ai encore récemment entendu dans un reportage télévisé (blablabla l'enseignante fait dessiner chaque mois le bonhomme au tableau, conformément aux programmes blablabla cet exercice indispensable blablabla oh comme c'est charmant...)

     

    Comment ça se passe ? Généralement, l'enseignant donne comme consigne à chaque élève, à intervalles réguliers (mettons, une fois par mois) de dessiner "un bonhomme". Oui vous vous en doutiez. Parfois, la chanson d'Anne Sylvestre "pour dessiner un bonhomme" est exploitée.

    La chanson d'Anne Sylvestre

    L'usage de cette jolie chansonnette met bien en évidence ce qui est recherché dans cette exercice. L'enfant doit exécuter une procédure, une "recette" pour réaliser une production standardisée. L'enseignant évaluera ensuite la réussite du résultat en fonction de critères prédéfinis : la tête, les principaux éléments du visage, les membres, ... sont ils présents ? Chaque chose est elle correctement reliée à l'ensemble ?

    Cela permet paraît-il de déterminer si l'enfant a acquis la "conscience du schéma corporel". Donc en gros, si le gamin a oublié les bras de son bonhomme, c'est qu'il n'est pas conscient d'avoir des bras. S'il a relié les bras à la tête, c'est qu'il est persuadé que ses bras lui sortent des oreilles... Moui.

    Alors, le dessin du bonhomme permet-il de se faire une idée du degré de connaissance du schéma corporel du petit gribouilleur ? A mon humble avis, pas vraiment.

    D'abord, concrètement, les adultes présents aux côtés de l'enfant (maître ou ATSEM de la classe) ne peuvent la plupart du temps s'empêcher de "l'aider", plus ou moins consciemment. Cela peut passer seulement par un rappel plus ou moins appuyé de la procédure ("d'abord la tête... attends, là tu as oublié le ventre !" ) mais parfois l'adulte ne laisse presque aucune marge de manœuvre, de peur que le petit "fasse mal". L'élève n'a ainsi plus qu'à repasser le trait exécuté par l'adulte auparavant, ou encore l'adulte repasse par dessus le trait au crayon, en prenant soin de bien gommer les maladresses des petits dessinateurs.

    Nous sommes alors devant la contradiction interne qui veut que l'on doit tout évaluer chez les moins de 7 ans tout en restant constamment "positifs et bienveillants". De rituel aux allures de "scientifiquement prouvé", on se retrouve dans une mascarade assez fréquente en maternelle consistant  à exhiber fièrement des productions réalisées en réalité exclusivement par le personnel de l'école.

    Par ailleurs, la croyance que la correcte exécution de la procédure décrite par Anne Sylvestre (on fait d'abord un rond,...) équivaut strictement à la connaissance de l'anatomie humaine est à mon sens illusoire.

    En effet, on oublie alors comment fonctionne l'enfant qui dessine.

    Le dessin d'enfant, comment ça marche ?

     

    ° Le dessin de l'enfant est essentiellement langage. Il ne fonctionne absolument pas comme un appareil photo, même rudimentaire. Ainsi, s'il veut dessiner un soleil, il "sait" que soleil=forme ronde avec des rayons. S'il veut dessiner une maison, il tracera un carré surmonté d'un toit pointu, même s'il habite dans une barre d'immeuble, parce qu'il sait que carré+triangle au dessus = maison/foyer. Pour le bonhomme, c'est pareil !  Il intègre vite que bonhomme = un rond pour la tête, des points pour les yeux, des traits pour les membres. Nous adultes les y incitons d'ailleurs souvent lorsque nous remarquons des formes circulaires dans ses premiers gribouillis et nous exclamons "oh, le beau bonhomme !". Si le petit veut dessiner une princesse, il va donc tracer ce qui lui semble important : la robe, les cheveux... Il ne pensera pas forcément aux bras parce que les bras n'ont pas de rapport avec la signification "princesse". Ce n'est pas pour autant qu'il ignore que les êtres humains ont tous 4 membres (du moins la plupart du temps)

     

    Alors, est-ce que Maëlle ignore que les bonshommes ont des oreilles? Ou bien on s'en fiche parce qu'elle a seulement voulu représenter une famille et que l'item "oreilles" n'a rien à faire là-dedans ?

     

    Chez les aborigènes d'Australie ainsi, ce n'est pas le "bonhomme fil de fer" ni le "bonhomme têtard" qui signifient "être humain" mais un genre de haricot... Les personnages sont en effet traditionnellement tracés dans le sable, vus du dessus, assis en tailleurs. Les aborigènes d'Australie n'auraient pas acquis le schéma corporel ? Allons bon !

    Rêve du vieil homme sur la mort et le destin, peinture aborigène. / (Christian Markel/musée du Quai-Branly)

     

    ° L'enfant est en pleine expérimentation de procédés techniques... et parfois ça coince encore.

    Quelques considérations sur le dessin du bonhomme en maternelle

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    En petite section cela fait au mieux un peu plus d'un an qu'il s'essaye à laisser des traces sur le papier, et quelques mois à peine qu'il associe véritablement un tracé à une forme et une forme à la représentation de quelque chose. Alors quand les obstacles techniques s'en mêlent, ça devient compliqué. Ainsi, Gudule commence par le rond de la tête, surtout que la maîtresse l'a dit, et l'ATSEM lui a répété, et même la dame de la chanson le serine sans cesse... Alors Gudule fait un GROS rond. Parce qu'en plus c'est dur de faire un rond fermé. Et puis comme ça elle aura bien la place de faire les yeux, le nez (si elle y pense) et la bouche, et les pleins pleins pleins de cheveux qu'elle a dit, la dame de la chanson. Tant pis si elle n'a pas trop la place de faire le reste du bonhomme.

    Toto lui, il a bien tout fait comme on lui a dit, la tête, le ventre, les bras, la tête... mais la maîtresse n'est pas contente parce que pour que les bras soient bien bien attachés, ben il les a fait dépasser du plus gros rond. Comment ça le plus gros rond c'est la tête. Ben oui puisqu'on vous dit que c'est le premier truc à dessiner et le plus important, on le fait en grand... Et le ventre ben il est trop petit pour qu'on lui rajoute des trucs en plus, d'abord.

    Zébulon, lui il en a marre des bonshommes. Un bonhomme quoi d'abord ? Batman il connaît, papa, maman, à la limite, il connaît. Bulbazaure ou encore le fantôme vampire de la mort qui tue, il saurait... mais "un bonhomme" c'est quoi ça ? D'abord il en a déjà fait le mois dernier. La maîtresse était contente. Alors là il va juste faire un gribouilla dans un coin et comme ça il pourra aller jouer au coin poupée avec Toto. Tant pis si la maîtresse en déduit que la conscience du schéma corporel est encore seulement en début fragile de cours d'acquisition et qu'elle ne colle pas la jolie gommette.

    Alors là Miro t'es mignon mais je ne sais pas ce qu'on va bien pouvoir cocher comme case...

     

    En considérant le dessin du bonhomme, comme recette de cuisine à enseigner aux enfants et permettant d'évaluer la conscience du schéma corporel, on ne permet pas le développement des potentialités des jeunes dessinateurs.

     

    De vrais créneaux réguliers de dessin libre (J'ai expliqué ici ce que j'entendais par là) seraient bien plus à même de faire progresser les élèves de la petite à la grande section, et même d'évaluer leurs progrès si on y tient vraiment !

     

     

     

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  • A la demande de doublecasquette, qui en a besoin pour sa semaine de GS, je présente cette mini-séquence de peinture en maternelle que personnellement je fais à partir du fifre de Manet :

    Premier plan et fond brossé

    Le Fifre Edouard Manet 1866

    Mais qu'elle voudrait proposer à des GS à partir du portrait de Paul en Arlequin de Picasso  :

    Premier plan et fond brossé

    Paul en Arlequin Pablo Picasso 1924

    On peut choisir un autre portrait en pied dans lequel le sujet se détache nettement du fond, le principe de la séquence restera le même. Je choisis toujours de préférence des œuvres connues de peintres célèbres dont le sujet est à même d'intéresser de jeunes enfants (qui apprécient généralement beaucoup les portraits d'enfants ou encore les représentations animales)

     

    Les élèves sont amenés ici à faire tous la même chose au même moment en classe entière, sans système d'ateliers tournant, ce qui ne pose pas forcément de problème dans les configurations où les enfants ont été habitués à travailler de cette façon. C'est même plus facile à mettre en place, moins générateur de désorganisation et plus simple à gérer avec un seul adulte dans la classe ce qui est très souvent le cas en grande section.

    Cependant on peut tout à fait utiliser cette fiche séquence en profitant de la présence de quelques chevalets dans la salle (très fréquente en maternelle) pour faire brosser le fond à un groupe pendant que les autres élèves fabriqueront le personnage central à coller dessus puis en inversant les rôles si l'on veut que les enfants aient l'occasion de travailler sur un plan vertical.

     

    Arts visuels maternelle Premier plan et fond à la peinture (2 étapes)

    Objectif technique principal :

    Compétences du programme: Réaliser une composition plane

    Observer des images : Observation d’une œuvre reproduite

    l'acquisition d'un lexique approprié :

    actions : peindre/brosser, dessiner, colorier, découper, mélanger

    effets produits : foncé/clair , vif/pâle

     

    Matériel :

    >fond : feuille de papier à peindre blanc grand format (A3 environ). Gouache : blanc et 3 couleurs primaires avec majorité de blanc, pinceaux aux brosses très larges

    >personnage : papier machine format A3, feutre fin noir et gros feutres de couleurs vives.

    Organisation de la classe : Classe entière, une table par élève

     

    1. Observation de l’œuvre

    (5 minutes)

    ·      L’œuvre d’art est affichée au tableau durant toute la semaine et est régulièrement commentée lors des moments de langage, aussi les enfants la connaissent-t-ils déjà au moment de la séance de pratique.

    ·      Avant la séance proprement dite, insister sur les points suivants avec les élèves

    >Qu’est ce qu’on voit le mieux ? Faire remarquer aux élèves (avec leurs mots) que le personnage est mis en valeur par le fait qu’il prend tout l’espace du tableau et par ses couleurs vives.

    >Qu’y a-t-il derrière le personnage ? C’est le moment d’introduire le terme de « fond » ou l’expression « arrière-plan » en fonction de l’âge et des capacités des élèves. Faire observer aux élèves l’absence de contours bien définis à l’arrière plan et les couleurs pâles que l’on peut reproduire en mélangeant entre elles les couleurs primaires et le blanc.

    2. Présentation du projet

    (3 minutes)

    ·      Consigne : Faire un fond clair à la gouache à l’aide de gros pinceaux et coller par dessus un personnage qui aura été préalablement dessiné, colorié et découpé. Il ressortira bien sur l’arrière-plan clair.

    3. Mise au travail

    20 minutes

     

     

     

     

    +20 minutes

     

     

     

     

     

     

    + 10 minutes

    ·       Les étapes A et B peuvent être interverties, les 3 étapes peuvent ne pas être effectuées les unes à la suite des autres.

    ·       A : le fond. Les élèves doivent enfiler leur tablier, mélanger les couleurs au blanc (environ autant de blanc que les autres couleurs réunies) et brosser à grands traits pour remplir tout l’espace de la feuille. Avec les GS on peut introduire les termes couleurs ternes et camaïeu. Avec les élèves plus jeunes, évoquer les verbes éclaircir, peindre, remplir. Une fois le travail terminé, les élèves se lavent les mains et aident à ranger le matériel.

    ·       B : le personnage. Avec les plus jeunes, il faudra sans doute aider en leur fournissant une silhouette de personnage déjà découpée à compléter car il sera difficile d’obtenir un bonhomme assez grand et que l’on pourra ensuite colorier et découper (ou alors il faudra les guider à tel point qu’ils n’auront pas conscience de ce qu’ils dessinent et que cela ne sera pas très enrichissant pour eux). Les MS et GS peuvent dessiner un bonhomme et le colorier puis le découper après validation par l’enseignant. Bien veiller à ce que les outils adéquats soient utilisés : les contours au feutre fin et le remplissage aux feutres à pointes larges. Le découpage doit se faire selon les contours extérieurs ce qui peut poser problème aux MS mais devrait être maîtrisé en cours de GS.

    ·       C : le collage : veiller à l’emplacement du personnage et à l’encollage correct de la silhouette découpée. Conseiller aux élèves de mettre un tout petit peu de colle au centre du morceau à coller et sur les contours, à environ un doigt du bord (pour éviter qu’elle déborde)

    4. bilan

    (5 minutes)

    • Afficher toutes les productions des élèves une fois sèches.
    • Laisser les élèves s’exprimer en veillant au respect des règles conversationnelles.

     

     

     

     

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    Le dessin, la maternelle et la liberté

    Cahier de dessin libre rempli chaque jour

     

    Voici un article que j'ai promis à beaucoup de gens depuis bien longtemps.

     

    En effet, on me demande assez souvent si on peut adapter à d'autres classes le travail que j'ai presque fini de mettre en ligne pour le cycle 2...

    Or, on peut aisément utiliser cette progression pour des élèves plus âgés. J'ai reçu plusieurs témoignages d'enseignants de cycle 3 qui faisaient faire les activités proposées même en CM2 avec succès. Il faut dire que les élèves sont plus vieux mais qu'ils ont rarement eu beaucoup l'occasion de s'exercer, et qu'il suffit d'être un peu plus exigeants et de proposer des plages horaires un peu plus longues.

    En revanche, je suis très réservée quant au fait d'adopter une progression quelle qu'elle soit en maternelle, du moins avant la grande section.

     

    Truisme : un enfant de 3 ans, ce n’est pas un enfant de 7 ans…

     

    Le dessin, la maternelle et la liberté

    début de Petite section

    Truisme? pas forcément, on décline bien désormais les mêmes items pour des petits enfants de 6 ans qui entrent au CP et des jeunes adultes de 18 qui préparent leur bac...

    Lorsqu’on devient enseignant, personne ne vous informe actuellement sur les grandes étapes du développement de l’enfant. Or, s’il est simple de prolonger le travail d’observation et de pratique au delà de 7 ou 9 ans, il n’est au contraire pas du tout évident de demander à des bébés de 3 ou 4 ans d’aller plus vite que la musique. Un petit qui rentre à l’école maternelle ne fonctionne pas comme un plus grand et ce n’est pas par hasard que l’âge de l’entrée dans la grande école et dans le monde de l’écrit se situe un peu partout dans le monde aux alentours de la perte des dents de lait, vers 6 ou 7 ans. S’il est parfois tentant de penser que l’immaturité des jeunes est le fait de leur absence de culture scolaire et qu’en appliquant plus tôt les méthodes qui fonctionnent avec les plus âgés on pourra « prendre de l’avance », force est de constater que ça n’est pas très efficace, parce que l’on ne peut pas faire abstraction de la façon dont le petit humain se construit.

    Un enfant de moins de 7 ans, comment ça marche, donc ? Plus précisément, comment ça dessine ?

     

     De grands noms (Kergomard, Montessori et Freinet pour ne citer que les trois plus connus en France actuellement) se sont penchés sur la question bien avant les apports récents des neurosciences et des psys modernes, qui ont le mérite actuellement de rappeler et de confirmer leurs observations.

     

    L’objet de ce billet étant la pratique du dessin à la maternelle, je vais résumer très grossièrement les grandes étapes du développement des capacités graphiques chez les tout-petits.

     

    Le dessin, la maternelle et la liberté 

    milieu de petite section

     

    • Avant 18 mois environ, le bébé a très peu conscience de laisser des traces. C’est le geste qui prime. Il s’entraine à manipuler les crayons comme les autres petits outils à sa portée.
    • A mesure que son habileté manuelle se renforce, ses gestes se font plus sûrs. Les premiers gribouillis apparaissent sous forme de lignes tremblotantes puis de tourbillons.
    • Vers 2 ans l’enfant est fier de montrer ce qu’il a produit. Avant 4 ans cependant on observe souvent des tourbillons, balayages ou points qui ne sont pas encore figuratifs mais auxquels l’enfant fait correspondre de façon apparemment arbitraire des membres de sa famille, des animaux et parfois même des histoires plus complexes. En général il affirme avoir représenté des figures auxquelles il est très attaché (famille, maison, animaux de compagnie, etc. )
    • Progressivement le répertoire graphique se diversifie, on voit apparaître des tourbillons, « des gestes d’essuie-glace » (balayages) plus ou moins larges, des points, des ellipses qui se ferment de plus en plus… Vers 3 ans apparaissent les premiers « bonshommes » d’abord souvent sous forme de visages primitifs puis de « hérissons » (forme fermée ornée « d’antennes » vers l’extérieur). On arrive ensuite au fameux stade du « bonhomme têtard ». C’est à ce moment également que l’enfant va commencer à colorier les formes fermées qu’il dessine. Il parvient alors à une plus grande maîtrise du coloriage que lorsqu’on lui fournit essentiellement des supports extérieurs à remplir de couleurs.
    • C’est fréquemment après l’apparition de ces premiers bonshommes que le petit enfant découvre qu’il peut représenter le monde et que les dessins figuratifs se font de plus en plus variés et personnels.
    • Si l’enfant est bien accompagné, ses productions deviennent de plus en plus riches jusqu’à un moment de découragement « normal » généralement atteint vers 8 ans, lorsqu’il constate un décalage trop élevé à son goût entre ce qu’il veut représenter et ce qu’il est capable de faire… C’est une autre histoire, mais il s’agit toujours d’avoir connaissance de ces étapes pour ne pas risquer de bloquer durablement le développement naturel de l’enfant.

     

     Le dessin, la maternelle et la liberté

    En fin d'année scolaire, les dictées à l'adulte qui accompagnent les dessins deviennent de plus en plus longues et complexes

     

    Évidemment, tout le monde n’évolue pas de la même façon ni au même rythme. Ce que je viens d’exposer permet simplement d’avoir en tête les grandes lignes de la façon dont les capacités sensorielles, motrices et affectives se développent chez le petit humain pour passer du gribouillis initial du bébé au dessin abouti du grand prêt à entrer dans le monde de l’écrit. Ce sont des étapes qui se retrouvent chez la quasi totalité des enfants autour des mêmes âges.

    L’évolution des dessins des enfants est certes un indicateur du développement de leurs capacités mais il est surtout l’occasion de les construire et de les renforcer. Il est indispensable que les petits exercent régulièrement leurs nouveaux talents, c’est ainsi que leurs yeux, leurs mains, leur cerveau deviendront plus habiles. Le dessin à la maternelle ne doit donc pas être vu comme évaluation mais comme formation continue. (Cela est valable à mon sens pour l’ensemble des activités proposées dans les classes enfantines.)

     

    Comment accompagner le développement des capacités de l’enfant pour le dessin ?

     

    Le travail des adultes avec les enfants de maternelle peut parfois sembler frustrant. On a l’impression de ne rien faire, de ne rien pouvoir leur faire faire de "beau" et la tentation est grande de faire à leur place, de vouloir trop les guider ou de leur imposer des étapes successives précises pour obtenir une production satisfaisante pour les parents et le personnel de l'école, en oubliant que l’important à cet âge est plus le cheminement que le résultat.

     

    Les capacités à développer en milieu scolaire entre 3 et 5 ans à l’école maternelle, à mon avis, sont principalement l’éveil sensoriel, culturel et le renforcement de la dextérité manuelle.

     

    • l’éveil sensoriel : il est favorisé dans les activités « d’arts visuels » à l’école chaque fois que les adultes encouragent les enfants à observer leurs productions, celles des camarades ou des œuvres d’art, ce qui rejoint le point suivant. C’est pourquoi Freinet insistait énormément sur l’importance des musées de classe, des publications dans les journaux de classe ou dans les revues comme l’art enfantin. Ses considérations sur les techniques de reprographie sont désormais obsolètes mais la démocratisation des scanners, appareils photos numériques et photocopieurs devrait nous permettre de faciliter l’observation par les enfants des travaux des autres à un âge où se construit en eux "la théorie de l'esprit". Pour les enfants très jeunes, il faut surtout verbaliser avec eux, sans forcément les forcer à parler eux-mêmes mais en valorisant leurs paroles, en insistant sur des observations de plus en plus fines et en employant un vocabulaire de plus en plus précis et riche.

     

    • l’éveil culturel : Il est plutôt marginal dans les petites classes mais il est possible de choisir des œuvres appropriées du patrimoine pour les présenter aux élèves et servir de supports d’observation qui seront au moins aussi riches que des images d’albums jeunesse. L’important est de ne pas oublier l’âge des élèves et donc de ne pas prolonger les moments d’observation, de ne pas en faire des prétextes à des leçons indigestes et de laisser la parole aux élèves plutôt que de les encadrer trop (voir à ce sujet la conférence de G. Peroz sur la façon d'organiser les moments de paroles collectifs en maternelle  ) Le nom de l’artiste et surtout la précision qu’il est peintre, sculpteur ou encore photographe, une petite anecdote à leur portée éventuellement… et ça suffit.

     

    • la dextérité manuelle : En maternelle, on patouille. On gribouille, on barbouille, on malaxe la pâte à modeler et se faisant on muscle ses petits doigts et on apprend ainsi sans douleur et sans même s’en apercevoir à s’en servir. C’est pourquoi il faut le faire quotidiennement et librement. Un bricolage imposé une fois de temps en temps, c’est trop peu pour exercer sa motricité fine. De plus, 10 minutes de patouille libre surpasseront toujours toutes les fiches de graphisme imposées du monde, et ce à tout niveau. Le rôle de l'adulte accompagnant est alors principalement d'encourager, d'arrêter les gestes malencontreux (dangereux ou salissants) de reprendre la tenue du crayon ou des autres outils le cas échéant (en empêchant surtout que l'outil scripteur soit confondu avec un marteau ou une pioche chez les plus jeunes ! ) et d'écrire ce que l'enfant a voulu représenter.

     

    Le dessin, la maternelle et la liberté 

    dessin libre moyenne section

     

    Pourquoi et comment le dessin libre permet-il de stimuler l’enfant plus efficacement que tous les autres dispositifs pédagogiques ?

     

    La pédagogie de Maria Montessori (je veux parler de la vraie dame Italienne du début du XX ème siècle, pas du tout et parfois n’importe quoi que ça donne aujourd’hui) est très dirigiste. Il n’est pas question par exemple que les enfants se servent du matériel pédagogique à leur guise, il n’est destiné qu’à un seul usage. C’est pourquoi Célestin Freinet jugeait son cadre trop « formel », « étriqué », « faussement scientifique »… Pourtant, les deux pédagogues, ainsi que la plupart des autres grands éducateurs d'ailleurs, se rejoignent étrangement sur la nécessité de laisser les enfants des maisons des enfants ou des réserves d’enfants s’exprimer librement par le dessin, la peinture et le modelage. Maria Montessori raconte même avoir arrêté une enseignante sur le point de reprendre un élève qui avait utilisé du rouge pour représenter un arbre. Les exercices divers de raffinement des sens qu’elle proposait, associés à un entrainement adapté permettent à l’enfant de progresser sans nécessité de contrôle ou de guidage qui au contraire bloquerait l’enfant. C’est en se sentant encouragé dans ses tâtonnements que l’enfant progressera le mieux, le plus vite et risquera le moins de se sentir frustré, bloqué ou incapable de parvenir à son but.

    Diriger chaque étape d’un travail au cours duquel l’enfant n’a presque aucune marge de manœuvre peut donner sur le moment l’impression d’être plus efficace parce que l’on aura immédiatement un résultat plus flatteur que le gribouillage agrémenté d’un « maman ! » que l’on obtiendra généralement pendant les premiers mois de PS. Cependant, à la fin de l’année scolaire, l’enfant qui aura gribouillé sans relâche produira spontanément des dessins plus riches et en parlera plus volontiers et plus aisément que celui qui aura des cartons à dessins remplis de travaux découpés et collés par l’ATSEM.

     

     Le dessin, la maternelle et la liberté

    Moyenne section: le dessin d'observation, apparu spontanément,se fait de plus en plus précis.

    Le dessin, la maternelle et la liberté

    Les enfants s'encouragent mutuellement en regardant les productions de leurs camarades.Ici le dessin d'observation s'enrichit avec des éléments imaginaires. (dessin libre, moyenne section)

     

    Par conséquent, la patouille libre, ça peut sembler frustrant, ça peut donner l’impression que l’enseignant flemmarde, ça peut être moins tape à l’œil, mais sur le long terme, je ne crois pas qu’on ait trouvé plus efficace pour l’épanouissement global d’un enfant.

     

     

    PS: J'assume le terme "bébé" employé parfois pour des enfants jusqu'à 4 ans, comme le faisait Pauline Kergomard lorsqu'elle voulait souligner l'inadéquation de certaines attitudes envers de très jeunes enfants. ("Eh ! mon Dieu, les directrices qui donnent la croix à des bébés de quatre ans !")

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    Dans ma classe de Petite section, chaque semaine, une œuvre d’art est présentée aux élèves. Ils doivent l’observer et en parler au cours de moments de langage collectifs.

    Ces séances d’observations sont mises en relation avec les activités d’arts plastiques pratiquées en classe.

    La reproduction ainsi que la dictée à l'adulte sont d'abord affichées sur les murs de la classe aux côtés des productions des élèves...

    le musée des PS

    ...puis regroupées dans un classeur qui peut être manipulé par les petits.

     

     

    le musée des PS

    le musée des PS

     

    Voici le bilan qui sera transmis aux parents à l'issue de la première période :

    Télécharger « Le petit musée de la classe.pdf »

     

    (n'hésitez pas à le télécharger, il y en a plus que sur les photos)

     

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