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    Vous en avez assez que vos élèves confondent plus/moins/fois ? Qu'ils mettent le signe = à la place du + et qu'ils ne sachent pas "quelle opération choisir" pour répondre à un problème ?

    Cette année je n'ai (presque) plus ce souci grâce à mes nouveaux petits amis magiques :

    Ma famille de lutins en feutrine

     

    Aujourd'hui, après plus d'un semestre de pratique et de bons résultats en cycle 2, j'ai décidé de vous présenter mes petits gnomes matheux.

    C'est maîtresse patate qui m'en avait parlé et qui m'a convaincue de tester. Je vous présente uniquement ici la façon dont je les ai fabriqués et dont je m'en sers, ça n'engage que moi. J'ai gardé de ces petits lutins qui sont utilisés dans certaines écoles allemandes, le code couleur, le principe général et c'est à peu près tout. 

    Fabrication

    J'ai utilisé Pour les confectionner des couleurs vives et des matériaux simples. J'avais chez moi de la feutrine et de la laine mais vous pouvez aussi les fabriquer en pâte fimo, au crochet voire en pâte à sel ou en rouleau de papier hygiénique selon ce qui vous convient le mieux.

    J'ai fabriqué rapidement un patron de ce genre :

    Les lutins des mathématiques, présentation et tuto

    Oui c'est moche hein ? C'est pour vous montrer que c'est super simple.

     

    Donc je trace cette ligne sur ma feutrine, je la tourne pour tracer ensuite son symétrique et je couds bord à bord les côtés pour obtenir ce genre de cône : 

    Les lutins des mathématiques, présentation et tuto

     

    L'avantage de la feutrine, c'est qu'elle tient debout, est douce et attirante pour les élèves et qu'à l'intérieur on peut glisser sa main ou un aimant pour fixer le personnage au tableau : 

    Les lutins des mathématiques, présentation et tuto

    La reine égalité au tableau

     

    Ensuite j'ai collé les bras, le visage et les autres détails et enfin j'ai rajouté les signes mathématiques bien en évidence sur le devant de chaque costume.

    Je me suis arrangée pour avoir une certaine parité dans les couleurs de peau, les âges et les genre des petits gnomes. Le principal c'est qu'ils ne soient pas trop fragiles et qu'on repère vite que + est vert, - est bleu, X est jaune et : est rouge. Oui oui, j'ai fabriqué les 5 lutins pour des cp. Vous allez comprendre.

    Utilisation en classe

    Les lutins sont arrivés un par un dans la classe. D'abord, dès les premiers jours après la rentrée, la "reine égalité" s'est présentée. Elle veut toujours que chacun ait autant et elle adore qu'il y ait la même quantité de part et d'autre d'elle. Parfait pour revoir et renforcer la notion d'égalité. 

    Les lutins des mathématiques, présentation et tuto

     

     

    Très vite, le "lutin plus" est arrivé à son tour. Il avait un petit sac dans lequel il adorait ajouter (des jetons et d'autres jetons, des cailloux et d'autres cailloux, des euros et des euros... Attention il ajoute toujours dans la même unité, ce qui est une notion fondamentale à installer rapidement en mathématiques) Les élèves ont bientôt appris son nom plus savant de "lutin de l'addition".

    Pas très longtemps après, son ami le "lutin moins" a fait son entrée. Son sac à lui était troué, alors il avait tendance à perdre des unités. Il en avait toujours en moins, et les élèves se sont beaucoup entrainés à calculer la différence entre les quantités initiales et finales. Bien entendu ils ont aussi retenu le nom savant du lutin "la soustraction".

    Les deux derniers lutins viennent de temps en temps nous aider à résoudre des problèmes relevant de la multiplication et du partage. J'ai expliqué aux élèves que le "lutin du partage" (certains connaissent son nom savant de division) exige de partager toujours en parts égales. Le "lutin des fois" (ou de la multiplication, pour ceux qui préfèrent) quant à lui, adore faire des tas de "paquets de même taille". Il aide son copain le lutin vert de l'addition quand tous les paquets sont semblables pour éviter de faire de très longues additions réitérées

    Les lutins des mathématiques, présentation et tuto

    "Tous les paquets sont pareils" alors le "lutin des fois" peut intervenir

    Pourquoi c'est efficace

    Depuis qu'ils ont pris leurs quartiers chez nous, il me suffit généralement de demander "À quel lutin devons nous faire appel ?" pour prévenir les confusions entre les opérations.

     

    L'ancrage affectif est très important à cet âge et en mathématiques il me semble essentiel pour prévenir les "phobies des maths" qui s'ancrent parfois très profondément (surtout quand des évaluations nationales viennent deux fois par ans avec leurs effrayantes droites numériques non graduées). 

    Les petits lutins permettent un apprentissage visuel, affectif et même kinesthésique puisque je permets volontiers aux cp de les manipuler eux-mêmes. Ils rendent moins abstrait et moins abrupt l'apprentissage du calcul et ce sans me rajouter beaucoup de préparation ni prendre sur le temps d'apprentissage (j'utilise toujours par ailleurs la méthode Compter et calculer au CP). Au fil du temps je les sors de moins en moins souvent mais les élèves savent qu'ils sont là pour eux au fond de la classe si besoin et ils se souviennent d'eux. De temps à autre on entend un "Maîtresse, je crois que la reine égalité est contente !" et ça me fait bien plaisir à moi aussi. 

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  • Instruction en famille subie, la suite : le défi des arts sans défis ?

    En ces temps de continuité pédagogique confinée, que peut-on faire ? Uniquement du français et des maths ? Certainement pas, surtout pour les moins de 7 ans qui ont besoin avant tout de construire leurs capacités d'action et de création... Mais les arts, comment faire sans matériel, sans local, sans être aux côtés de chacun pour aider, sans pouvoir réaliser de travaux collectifs et sans pouvoir continuer tous les projets en cours et les habitudes ou (rituels) mis en place depuis le début de l'année. Quel casse tête !

    Voici quelques pistes de réflexion.

    Les défis : pourquoi je n'aime pas ce terme.

    En réalité, je confesse qu'après avoir vu cette image des compères de parents-profs :

    Instruction en famille subie, la suite : Le défi des arts sans défis ?

    ... je me suis aperçue que j'avais utilisé moi-même l'expression "défi", dans le contexte pédagogique du confinement-blog de classe, avec très très peu de succès d'ailleurs. C'était pour une activité mathématique . Je l'avoue, je m'étais dit que ça sonnait plus joyeux que "exercice", plus dynamique, plus original... Mais les élèves et leurs parents ne sont pas dupes. Dans le cas des activités artistiques je trouve que ce mot est malvenu. Il évoque la compétition, le classement. La "mise au défi" est une provocation, une incitation à la hiérarchisation des productions plutôt qu'à leur valorisation individuelle.

    Alors, suffit-il d'employer un autre mot ?

    S'il s'agit de mathématiques, peut être que parler d'exercice, d'entrainement ou d'activité sera plus approprié, oui, mais pour ce qui concerne les activités artistiques, je crois qu'on peut changer totalement de paradigme.

    Mais alors... les pratiques artistiques, qu'est ce que ça pourrait être ? Qu'est ce qu'on va bien pouvoir leur faire faire, aux petits, pendant cette longue période de discontinuité plus ou moins pédagogique à la maison ?

     

    Principe 1 : La récupération simple plutôt que les recettes compliquées :

     

     

    Des feutres, des crayons, des stylos... A peu près tout le monde a de quoi laisser une trace chez soi. Le mieux c'est d'avoir aussi de la pâte à modeler. On peut d'ailleurs la fabriquer mais comme les supermarchés manquent parfois de farine, tant pis, concentrons-nous sur ce qu'on a. Comme support, le bête papier suffit, mais si on en manque, et/ou qu'on veut varier, les cartons d'emballage ou autres supports plus ou moins originaux peuvent faire l'affaire :

    Instruction en famille subie, la suite : Le défi des arts sans défis ?

    ici un rouleau de papier cadeau premier prix

    Instruction en famille subie, la suite : le défi des arts sans défis ?

     Là une boîte de coton-tiges

    Principe 2 : Donner des pistes ouvertes plutôt que des consignes fermées

    Instruction en famille subie, la suite : Le défi des arts sans défis ?

    En ce moment, les parents et les enseignants veulent bien faire. Ils ont peur de tas de choses, et l'ennui de leurs petits fait partie de la tête de liste. D'abord parce qu'on culpabilise de les faire vivre enfermés, ensuite parce qu'on a à cœur d'être des bons adultes, de bons parents, de bons profs, qui vont donner du contenu de qualité aux enfants dont ils ont la responsabilité.

    Le risque, c'est de penser que pour "faire bien" il faut "faire compliqué" et "faire beaucoup". En pratique, donner des occasions, encourager, valoriser, ça suffit bien. Nul besoin de consignes super complexes à respecter pour atteindre une production standardisée à la fin. Il faut se souvenir que le plus efficace est souvent le plus simple.

    Une action simple peut suffire (découper, coller, plier, colorier, ... j'en passe), elle permettra à l'enfant de s'entrainer et peut l'occuper de longues heures. Le confinement peut être l'occasion de se concentrer sur ce dont l'enfant a besoin à titre individuel, pour une fois. Donc si en ce moment il est passionné par le découpage, profitez-en pour lui donner des formes de plus en plus compliquées à découper, si c'est le coloriage qui l'intéresse, proposez lui de quoi exercer cette compétence...

    On peut aussi proposer un objet ou un animal à représenter "poisson" ou "Tour Eiffel" si on a envie. Pas besoin d'aller chercher des thèmes compliqués, les possibilités sont infinies.

    Principe 3 : Si tout va bien, les "projets" viendront bientôt d'eux !

    Anecdote personnelle. Pour rappel j'ai deux petites puces de TPS et GS. L'autre jour après une téléconférence, j'arrive dans le salon et je trouve ça :

    Instruction en famille subie, la suite : Le défi des arts sans défis ?

    Admirez le détail des boucles d'oreilles :

    Instruction en famille subie, la suite : Le défi des arts sans défis ?

    Sous la surveillance de mon conjoint qui n'est pas intervenu une seule fois, elles avaient commencé à jouer à mettre les lunettes de soleil au cheval :"Il a mal aux yeux, il y a du soleil", déclare la petite (développement du langage oral). Du coup la grande ajoute "il faudrait lui mettre un bonnet aussi, il doit avoir mal à la tête (référence hautement culturelle à la chanson bien connue, "mon âne", donc éducation musicale). Elles vont chercher des feuilles et la grande dessine un chapeau que la petite colorie (arts visuels) puis la grande découpe le chapeau (découverte du monde, le bon usage des ciseaux) et demande de la patafix pour le coller. Elles ajoutent ensuite les boucles d'oreilles sur le même principe. 

    Cet après-midi là, deux élèves de maternelles ont donc bâti elles-mêmes un grand projet interdisciplinaire à leur portée et l'ont mené avec succès de A à Z, le tout sans fiche de prep ni programmation, ni liaison artificielle à un projet d'école compliqué. On arrive à la pédagogie institutionnelle bien menée : des projets qui viennent des enfants et que les adultes sont là pour accompagner et non faire à leur place. Ce n'est pas si difficile finalement !

    Pour finir, je vous renvoie à un petit lien d'une émission qui plait bien à mes petites :

    https://www.france.tv/enfants/trois-cinq-ans/100-manieres/

    (vous pouvez la retrouver sur le replay de la chaine okoo )

    Elles donne des idées à condition de ne pas prendre chaque épisode pour une recette à appliquer à la lettre...

    Bon courage à tous et à bientôt pour de nouvelles aventures, confinées au moins jusqu'au 11 mai !

     

     

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  • Comme j'utilise la méthode, de l'écoute des sons à la lecture, j'ai besoin des 5 sorcières... Mais je n'avais pas leurs portraits en grand format, et à force, j'ai changé tellement de choses qu'elles ne ressemblaient plus vraiment à celles de Thierry Venot.

    Voici donc Malara, Miliri, Moloro, Muluru et leur sœur Méléré (elles ont changé de nom parce que je progresse en graphisme à la façon Pierson, donc je vais voir les boucles assez vite et la consonne L sera étudiée parmi les premières, bien avant le B en tous cas)

    Les sorcières des voyelles

    Malara a un chat. Elle aime la couleur marron...

    Les sorcières des voyelles

    Miliri a une souris, elle a les cheveux tous gris !

    Les sorcières des voyelles

    Muluru est brune, elle aime la lune et la couleur prune...

    Les sorcières des voyelles

    Moloro aime les escargots, le rose et le orange...

    Les sorcières des voyelles

    Méléré aime les étoiles, les araignées et a les cheveux dorés...

     

    Les voici aussi en version à colorier (ou à imprimer sans dépenser toute la cartouche d'un coup):

    Les sorcières des voyelles

    Les sorcières des voyelles

    Les sorcières des voyelles

    Les sorcières des voyelles

    Les sorcières des voyelles

     

     

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    Titine disparue

    Titine disparue

    Un petit album (24 pages, format photo) en sons simples, bricolé pour l'anniversaire d'une petite de 5 ans.

    L'idée date de plusieurs années, avec Laurence Pierson, dans la lignée de sa collection "vive", qui à l'époque n'était encore qu'en projet.

    La particularité de "Titine" c'est que l'album est plutôt un album jeunesse illustré que l'enfant peut d'abord découvrir uniquement pour ses images avant de déchiffrer "comme un grand" le jour où il commence l'apprentissage de la lecture.  Une partie du texte est en capitales ce qui facilite leur abord pour des petits habitués à découvrir les lettres avec les majuscules d'imprimerie en maternelle.

     

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  • Pour se réapproprier les gestes graphiques déjà appris en classe au cours d'activités variées, pour muscler ses petits doigts en effaçant bien à chaque fois, pour le plaisir de la répétition sans les contraintes de l'évaluation, voici les petites fiches effaçables mises à disposition au mois de novembre (les suivantes sont déjà prévues). Il faut les imprimer recto verso, les plastifier puis les découper pour obtenir des rectangles d'entrainement format A5.

    J'ai voulu éviter les exercices consistants à repasser sur les pointillés.

    Pour cette première série, les élèves traceront :

    1: des traits courts (celle-ci est à portée des PS, l'intérêt réside surtout dans la vigilance quant à la tenue du feutre, mais aussi à la gestion de l'espace graphique )

    2 à 4: des traits verticaux

    5 : des cercles

    6 : des suites d'obliques (qui montent et descendent pour faire des dents bien pointues)

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