• Je crée cette année un fichier pour élèves de 4/5 ans inspiré très largement de se repérer compter, calculer en grande section, de Catherine Huby, mais pas seulement.

    Ce fichier n'est pas juste une version simplifiée de son grand frère destinés aux plus âgés :

    -il est adapté aux programmes 2015

    -il couvre non seulement le domaine "mathématiques" (structurer sa pensée, tout ça) mais aussi une bonne partie du reste, parce que c'est compliqué de séparer hermétiquement les différentes "matières" avec les moins de 7 ans. Compliqué et pas forcément très bon.

    -je l'imprime en A5, parce que le format A4, si c'est trop grand pour les gamins du cycle 2 qu'on fait écrire dans des cahiers 17X22, ça ne peut pas être bon pour des petiots encore plus petiots du premier cycle.

    Comme le grand frère, il est illustré par bibi. Comme le grand frère, la partie "fifiches" n'est que le mini sommet d'un iceberg constitué de séances de manipulations en classe, dans la cour et en salle de motricité. 

    Je le mets ici des fois que ça puisse servir à d'autres maîtres et maîtresses, ça peut être pratique d'avoir quelque chose de déjà prêt, déjà dessiné, même si c'est perfectible. Je joins aussi la programmation générale de la période.

    Les deux aspects principaux de ce "kit pour grandir de la tête et des mains entre 4 et 5 ans" sont la préparation au geste d'écriture (je reprends pour cela le vieux livre de Liliane Baron, en tentant de remettre ses bonnes idées au goût du jour, et ce que j'ai appris via Laurence Pierson, rééducatrice en écriture) et le développement d'une première pensée mathématiques construite via le jeu et les expériences sensorielles et motrices des petitous.

    Je rédige actuellement un journal de bord qui ajoute à ce fichier une progression semaine par semaine et un guide pour les séances de manipulation et de motricité. J'ajoute que je fais la part belle également à des "ateliers libres" qui tiennent généralement plus du Freinet/Kergomard que du Montessori, et qui n'ont rien de ce qu'on nomme actuellement "AIM" ou "ateliers types Montessori" ni des "brevets Freinet". Il s'agit surtout de laisser les élèves manipuler librement du matériel par petits groupes et de les laisser tirer de leurs expériences sensorielles des notions qui leur permettront de "structurer leur pensée" petit à petit, à leur rythme.

    Ainsi, durant cette première période, les élèves ont appris principalement à se servir correctement du matériel (le prendre, le ranger, accepter de le partager avec ses camarades, ...). Dans le cadre de la progression de la classe, je leur ai mis à disposition notamment :

    -du matériel de motricité fine basique (enfilage, laçage, transvasements)

    -du matériel de raffinement des sens (tablettes de couleurs Montessori, oursons à trier, ...)

    -du matériel permettant de comparer tailles, longueurs, masses et même durées, ce qui constituait le "gros morceau" selon moi, de la période 1 en moyenne section. En septembre octobre, il s'agissait surtout selon moi que les élèves arrivent à percevoir les notions de "plus/moins/autant" pour installer confortablement et solidement les bases de la numération par la suite. Pour le coup je trouve le matériel "Montessori" (tour rose et barres en l'occurence) bien utile même si je ne l'utilise pas du tout de façon orthodoxe.

    -du modelage

    -des jeux de constructions à utiliser librement.

     

    Cette liste n'est absolument pas exhaustive, il faut y ajouter par exemple tous les coins de jeux d'imitation, la bibliothèque, les chiffres et les lettres à manipuler (certains élèves s'en désintéressent encore totalement alors que d'autres sont actuellement en pleine "période sensible") , les marionnettes, ... Laisser des plages importantes de réelle liberté aux élèves permet que chacun y trouve son compte. Cela n'empêche pas les séances collectives "imposées" mais ludiques qui débouchent sur les fiches permettant à chaque enfant (et à ses parents) d'avoir une trace (sans évaluation, ou alors c'est une évaluation toujours réussie donc très positive) des apprentissages réalisées.

    Je réalise aussi des fiches de dessin d'observation lors des séances de découverte du monde, mais elles n'apparaissent pas dans ce fichier parce qu'elles dépendent trop de ce que nous faisons ponctuellement dans l'école (elles ne seraient donc pas réutilisables d'une année sur l'autre)

    Télécharger le fichier période 1

    Télécharger « Programmation générale par période période 1.docx »

     

    un aperçu du fichier :


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  • progressamation moyenne section

    Télécharger « Progressamation MS.docx »

     

    Une programmation à afficher qui suit les programmes 2015. Avec un joli dessin tricolore pour égayer le tout. Pour les progressions plus précises dans chaque domaine je vais suivre mon bon sens, les documents eduscol sur le graphisme, les propositions que j'ai tirées de ma formation avec Laurence Pierson l'an dernier pour l'écriture, le cheminement de "se repérer compter, calculer en grande section" que j'adapterai au fur et à mesure à mes élèves et à mon niveau pour la "structuration de la pensée",...

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  • Mon petit oiseau

    Suite d'une série d'illustration prévue pour la future littérature destinée aux CE1 de Catherine Huby.

    Promarker sur papier machine tout bête.

     

    PS qui est aussi totalement HS, pour ceux qui me suivent un peu. Dernièrement est enfin paru un fichier sur lequel j'ai passé énormément de temps en tant qu'illustratrice depuis plusieurs années (après en avoir utilisé la première version avec bonheur en tant qu'enseignante). Il s'agit de "Compter calculer CP" de Pascal Dupré. J'avais prévu d'attendre d'avoir le produit fini dans les mains pour en parler en public, étant partagée sur ce sujet. Finalement, même une fois l'ouvrage en ma possession, je suis toujours très embêtée quant à la conduite à tenir. Je pense donc attendre encore un peu avant de m'exprimer (ou pas) à ce sujet sur mon blog.

     

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  • Mardi dernier, j'assistai à la présentation du dernier livre de Jean-Pierre Terrail intitulé Pour une école de l'exigence intellectuelle

    Jean-Pierre Terrail ou l'école de l'exigence pour tous

    L'argument paraissait alléchant et faisait écho à mes propres préoccupations.

    Je me suis donc rendu à la présentation du livre en présence de l'auteur le 16 février dernier. Malheureusement (ou pas) mes contraintes familiales et professionnelles ont fait que je suis arrivée sans avoir de quoi prendre de notes et que je fus obligée de partir avant la fin du débat.

    Cependant, voici ce que j'ai retenu de cette soirée. Je ne ferai pas de compte-rendu fidèle et je me contenterai de quelques considérations générales.

    Le "changement de paradigme" auquel appelle fort justement à mon sens Jean-Pierre Terrail est loin de faire consensus dans le monde de l'éducation. Il s'agit d'affirmer que les enfants qui rentrent dans le système éducatif ayant tous les mêmes capacités, l'école se doit de leur apporter à tous une instruction exigeante sans considérer leur milieu social d'origine. Or, nombre d'enseignants auront tendance à considérer que les "handicaps socio-culturels" que leurs élèves auront accumulés rendent la tâche impossible. Ils penseront que le mieux est de "simplifier le programme" pour les élèves issus de milieux modestes (assimilés fatalement aux élèves en difficulté)

    Une des interventions du public après le discours des intervenants de la soirée a d'ailleurs consisté à déplorer que les programmes ne soient pas du tout en train d'être simplifiés comme le disait Jean-Pierre Terrail mais bien trop complexifiés, en particulier en français. Les programmes insistent beaucoup sur des notions métalinguistiques qui perdent les élèves.

    Pour ma part, je considère que la question n'est pas "les programmes sont ils trop simples ou trop complexes?" mais la façon dont ils sont conçus. Les élèves ont à la fois "l'impression de refaire tout le temps la même chose" comme le déplore J-P Terrail, mais dans le même temps, on les perd dès l'école élémentaire en insistant trop souvent sur des notions hors de leur portée plutôt que sur les règles fiables, sur ce qui est fréquent plutôt que sur ce qui est régulier, rassurant, facile à maitriser. C'est ainsi qu'on fait apprendre quelques verbes irréguliers parmi les plus courants plutôt que d'insister sur les régularités de la conjugaison. Qu'on enseigne plus volontiers le passé composé que le futur simple, qu'en mathématiques on n'enseigne pas conjointement les 4 opérations, ...

    À la question de Marcel Gauchet: "fort bien,
    mais comment pensez-vous faire ?" il ne fut pas répondu.

    D'une façon générale, il fut très peu question de moyens concrets de mettre en œuvre cette école exigeante pour tous. Une des seules idées évoquées : mettre dans les classes
    primaires un maître de français et un de math. C'est une vieille
    proposition dont la mise en œuvre en France ne semble ni possible ni souhaitable.

    Pas possible, ne serait-ce que parce que les enseignants du primaire en France actuellement ont quasiment tous une formation littéraire. Tant que les conditions de travail et l'image de notre métier n'évolueront pas, il sera difficile de recruter des professeurs des écoles scientifiques en nombre suffisant.

    Pas souhaitable, parce qu'à mon humble avis c'est justement la richesse de l'école primaire de pouvoir mettre en synergie les différents apprentissages et de ne pas cloisonner trop tôt les disciplines. Il m'a d'ailleurs semblé étonnant  que Stella Baruk, qui était dans l'assistance et a pris la parole, n'ait pas évoqué ce point essentiel : Une bonne partie des difficultés des élèves en mathématiques provient de difficultés de langage.

    Le statut de la maternelle qui devrait permettre d'éviter l'apparition des fameux "handicaps socio-culturels" au lieu de se battre avec par la suite m'a paru aussi un peu trop ignoré au cours de la soirée.

    Jean-Pierre Terrail ou l'école de l'exigence pour tous

    Il ne me reste plus qu'à lire l'ouvrage de monsieur Terrail pour savoir si la réponse à mes interrogations s'y trouve davantage que dans ce qui s'est dit la semaine dernière (mon travail et ma situation personnelle ne m'en ont guère laissé le temps jusqu'à présent.)

     

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  • J'ai assisté mercredi à une conférence de Céline Alvarez (son site, la maternelle des enfants, est ici)

    Je vous livre mes notes sans commentaires ou presque (quelques uns, en italiques) ils suivront si je trouve le temps (je dois trouver aussi celui de publier mon travail sur le dessin libre et son histoire, celui sur la discipline chez Kergomard/Montessori/Freinet, la dernière séquence de dessin de mon année "clés en main" au cycle 2,...)

     

    L’amphithéâtre est plein. Il y a au moins 2 photographes avec du bon matériel. Apparemment l’un d’eux est un professionnel qui remplace une équipe de tournage prévue initialement.

     

    Introduction par la directrice du Canopé

     

    "nous sommes RAVIS “en majuscules gras et souligné” de bénéficier de votre présence"
    « Un regard scientifique, de chercheuse... » Elle ajoute que les enseignants qui veulent se lancer bénéficieront de matériel et d’animations pédagogiques.

     

    Céline Alvarez prend alors la parole.

    Elle explique avoir travaillé avec des adultes et des enfants au Togo, puis être revenue en France mais au départ sans intention d’y rester. C’est à ce moment que son engagement pédagogique est devenu réel et presque politique.

    Elle reparle des deux chiffres dont elle parle souvent au sujet de l’échec scolaire et de la montée de la violence : « Pourtant nous sommes pré câblés pour apprendre naturellement en ne faisant rien d'autre qu'en vivant »

    « Et pour vivre en harmonie avec les autres nous sommes pré câblés aussi »

    >> Nous avons des prédispositions innées pour apprendre et pour aimer.


    Il existe des grandes lois d'apprentissages :

    1. plasticité cérébrale et intelligence sensorielle
    2. Nécessite d'être actif pour le jeune
    3. Bienveillance

    Actuellement le rapport entre l’effort fourni par l’éducation nationale et les résultats n’est pas bon, comme si on avançait avec un frein à main, parce que nous avançons à contre sens de ces lois.

    Céline Alvarez s’appuie sur « le travail visionnaire de Maria Montessori »
    ainsi que sur les neurosciences afin que ces savoirs soient partageables.

    Elle passe alors la vidéo résumant l’expérience de la classe de Gennevilliers

    Comment a-t-elle obtenu les conditions nécessaires à cette expérience ? Piston ?
    « Non je suis rentrée en disant qu'il était hors de question
    de faire autrement donc j'ai frappé aux bonnes portes sans relâche. »

    Mais mais mais ??? Je connais tout un tas de gens qui ont frappé à des tas de portes sans relâche sans autre résultat que de s’épuiser.


    «J'avais demandé au ministère la possibilité de tester les enfants chaque année au niveau cognitif. »

    « Résultats extraordinaires massifs impressionnants et rapides. »
    Très difficiles à décrire en mots mais attitude de présence extraordinaires

    Les conquêtes étaient rapides et heureuses et ce n'est qu'un aperçu des potentiels humains. On peut aller plus loin.

    Le ministère a décidé de ne pas poursuivre l’expérience à l’issue des 3 premières années « Et c'est très bien.»
    « Finalement tout bien réfléchi j'avais pas envie de tester des écoles et de contrôler/fliquer des enseignants. »

    Cela lui aurait rendu un grand service en lui libérant du temps et de l'énergie pour
    faire ce qu’elle fait actuellement :

    « Libérer tout l'héritage de Maria Montessori qui appartient à tout le monde. »
    « Partager avec les enseignants et parents les grandes lois fondamentales. »

    Elle insiste alors sur le fait que le cadre qu’elle donne est non négociable MAIS très vaste.
    à l'intérieur chacun est invité à faire selon ses possibilités.


    « La bonne nouvelle c'est que ce que je vais vous dire, vous le savez déjà. Je veux que vous sachiez grâce aux sciences que vous avez raison. »
    « Je ferme mes notes plus besoin »

    Plasticité cérébrale.

    Cf vidéo disponible sur le site

     


    « Ceux qui l'ont déjà vue vont renforcer leurs connexions synaptiques »
    « Maria Montessori parlait de 2 phases embryonnaires dans la vie : celle in utero et celle après la naissance »
    Illustrations : nombre de connexions synaptiques sur internet, chez l'adulte et chez l'enfant. L'enfant en a beaucoup plus qu’internet et l’adulte réunis, qu'il va perdre en route pour se spécialiser :
    C’est l'élagage synaptique.

    Le cerveau trie en fonction de la fréquence et pas de la qualité . L'être humain est donc particulièrement vulnérable à son environnement.

    Cf expérience "the early catastrophe"
    A 4 ans il y avait une différence entre les enfants de milieux  différents de 30 millions de mots entendus.
    Les « périodes critiques » pendant lesquelles la plasticité est accrue sont comme des fenêtres de tir pour le cerveau.
    Exemple : Période critique jusqu'à 9 mois où le bébé réagit à tous les sons de
    toutes les langues du monde.  A 12 mois les enfants ne sont plus capables de réagir aux sons qui ne sont pas dans la langue de leur environnement.
    Étude sur les adolescents exposés à la cocaïne pendant leur vie fœtale. (c’est expliqué sur le site)
    Les facteurs environnementaux comme violence et manque d'interaction sont donc plus délétères que l'exposition prénatale à la drogue.
    Expérience de Bucarest (cf le site )
    Capacités  de résilience quasi totale avant 2 ans.


    L’ enfant est un être d'exploration.

    Il faut lui donner à explorer. Tous les enfants sont curieux naturellement.
    Il faut leur offrir un environnement de qualité dès la naissance. Veiller à nos propres comportements parce que chaque fois que nous faisons quelque chose nous sommes en train de l'apprendre à l'enfant.


    L’ environnement doit être ordonné. Nommé classé organisé, riche et varié.
    Là où grandit l'intelligence humaine il faut qu'il y ait la vie, le langage, les mathématiques, la musique, le sport, la cuisine, les activités quotidiennes et pratiques. Ne pas couper l'enfant du monde.
    Il faut qu'il puisse évoluer avec une grande mixité sociale donc pas seulement avec des enfants de son âge. On n'est pas câblés pour ça.  Il n’est pas physiologique de mettre 30 enfants de 3 ans ensemble. Il faut des enfants un peu plus jeunes et d'autres plus âgés car il faut qu'il y ait autour de soi des êtres dans la zone proximale de développement.
    Elle pense que le triple niveau c'est super et pense même qu'il faudrait aller plus loin. Classer les enfants par année d'âge est affreux .


    Environnement doit être tel que l'enfant peut y être autonome.


    Un environnement qui laisse le temps d'explorer à l'enfant.


    Catherine Guéguen pense qu'il faut 5 à 6 mois pour qu'une expérience soit intégrée « pour que le cerveau se câble. »

     


    2 ème pillier des neurones cognitives: les fonctions exécutives.

    Ce sont les fonctions
    essentielles de notre intelligence.
    Mémoire de travail (garder informations en mémoire , planifier ses actions successives )
    Contrôle inhibiteur (contrôler les gestes, les émotions, réfléchir avant d'agir ) Le cortex préfrontal n’est pas encore mâture à 4 ans donc les enfants ont un très mauvais contrôle inhibiteur)
    Flexibilité cognitive (détecter une erreur, ajuster sa stratégie, créativité )

    Sans ses compétences nous ne pourrions pas avoir un comportement intentionnellement organisé pour atteindre un but...
    Toute situation d'action ou d'apprentissage est très difficile. C'est ce qui se produit pour beaucoup d'élèves en élémentaire.
    Ce sont les fondations biologiques de l'apprentissage.
    "même lorsque 2 enfants seulement possèdent des compétences exécutives
    sous développées une classe entière peut être désorganisée ... " (chercheurs de Harvard)
    Le développement des fonctions exécutives est plus prédictif pour la réussite globale que le QI !

    Cf le marschmallow test


    Ce test est plus prédictif que le QI pour la réussite dans la vie.
    Fenêtre plastique (période sensible) de ces compétences se situe entre 3 et 5 ans. L'être humain est alors poussé à faire les choses lui même (période du "moi tout seul")

    Indicateurs positifs : envie de faire seul. Concentration
    profonde et grande satisfaction à faire seul.
    Indicateurs négatifs: mécontentement quand empêche de faire seul "caprices"
    Petit garçon  à Gennevilliers qui avait perdu cette envie là  (les grands-parents mettaient ses chaussures brutalement à la place de l'enfant. ) Il errait
    sans rien faire dans la classe, embêtait les autres sans ordre ni objectif intelligent.
    L’objectif de l’enseignante était donc de pousser les grands parents à le laisser faire seul. Pendant quelques semaines elle s'occupait de ce petit garçon dès son arrivée.  « Je te montre comment enlever ton manteau » etc. Au début il n'avait pas envie. Il attendait.
    Un jour on entend un hurlement. Le petit courrait pour mettre ses chaussures tout seul parce que sa grand mère voulait lui mettre à sa place. Tout le couloir l'a prise pour une dingue mais elle a gagné la confiance de cet enfant en insistant ce jour là pour qu'on le laisse mettre ses chaussures seul.

    Il faut permettre aux enfants de faire seuls au quotidien. Aider à faire sans faire à  la place puis s'effacer progressivement.
    Lorsque l'enfant construit des compétences exécutives l'ordinaire est extraordinaire.
    Pas besoin d'aller chercher des activités extraordinaires .
    Analyse de Marty Rossman : Impacts positifs sur la vie future du fait d'avoir participé aux tâches quotidiennes ménagères à 3 ans. Ce n’est pas aussi efficace pour ceux qui ont commencé ados car la période sensible est alors passée.
    Avant même de penser à enseigner quoi que ce soit notre tâche est de ne pas entraver le développement des compétences exécutives du jeune enfant. Le reste attend.

    Attention on ne peut pas entraîner les compétences séparément !!! On n'est pas
    fait pour fonctionner de façon saucissonnée !
    Les activités peuvent être multiples du moment qu'elles sont intelligentes construites et ordonnées (et culturelles)

    Le jeune enfant est un être d'action. S'opposer à cela peut être dramatique.
    Il faut préparer un environnement dans lequel ils peuvent être autonomes, ne pas les exposer aux écrans, favoriser l'activité individuelle même s'il est naturel que des petits
    groupes se forment.
    Tout doit être assez clairement organisé. L'ordre permet un bon contrôle de l'erreur. Ils prennent une activité et ensuite doivent se souvenir où ils l'ont rangée.
    Offrir des activités pratiques quotidiennes.
    Maria Montessori avait senti tout cela, d'où les activités pratiques dans les maisons des enfants. Le faire est important pour eux plus que le résultat.

    Les vidéos sur les activités pratiques sont sur le site. Elle nous montre celle sur verser l'eau dans un verre.
    A très envie de montrer la vidéo du PS qui apprend à lire.  Ne l'a pas. La raconte.

    La voici :

     

    L’enfant a passé toute sa petite section à faire des activités pratiques avec beaucoup d'exactitude, puis en mai a voulu suivre les moyens qui lisaient déjà pour beaucoup (albums jeunesse) l'a incité une ou deux fois à reposer le matériel des lettres rugueuses. Puis a laissé faire et filmé.
    Ce qu'on a à faire ce n'est pas de leur apprendre à lire mais de construire ou de ne pas empêcher de construire les compétences fondamentales.

    1. Étayage bienveillant

    "aide moi à faire seul" (expression du petit fils de Maria Montessori)
    L’humain est donc être d'action, d'exploration, et social.

    Vidéo "pourquoi apaiser un enfant stressé " (Catherine Gueguen) : Le cortex préfrontal nous aide à gérer nos émotions et celui de l'enfant est immature.
    Lorsqu'on a l'attitude bienveillante on engage un cercle vertueux d'une puissance extraordinaire . Cela permet la maturation du cortex préfrontal mais aussi du cortex orbito-frontal, de l'hippocampe et de faire sécréter de l'ocytocine, de la sérotonine,  de l'endorphines et d'une molécule au nom bizarre que je n’ai pas eu le temps de noter mais qui permet de renforcer les connexions synaptiques.

    A l'inverse le stress réduit la masse préfrontale. Mauvaise gestion des émotions, mauvais développement des fonctions exécutives, réduction du volume de l'hippocampe...
    Le stress fait sécréter du cortysol qui à trop hautes doses est toxique. Cela diminue la plasticité cérébrale.
    Il n’est pas évident d'être dans une bienveillance totale avec des enfants qui quelquefois nous font péter des câbles. Ce n’est pas grave si on ne réussit pas totalement, l'important c'est de tendre à cela.
    Attention lors de l'étayage à nos projections, elles sont créatrices (cf rosenthal et jakobson sur l'effet pygmalion et l'effet golem)

    Il faut éradiquer les situations de stress, favoriser un environnement social riche, varié, empathique et aimant.
    Notre posture doit être horizontale et pas verticale et stressante. C’est beaucoup plus important que d'avoir du matériel cher et beau.

    Met la vidéo "all you need is love"

     

    On passe alors aux questions, malheureusement je n’ai pas pu les entendre jusqu’au bout car je devais aller récupérer ma fille à la crèche.


    -Quid des enfants de plus de 6 ans ?
    > je vais y réfléchir d'ici 2 ans


    -comment débuter ?
    >voir le blog


    -avec une classe de PS pure ?

    >moi je le ferais pas.
    L’important est de pas se stresser en tant qu'enseignant. Les grands
    portent l'étayage des petits dans une classe multiniveau. Ce n’est pas possible en PS pure

    -quelle est l'équipe dont vous parlez parfois qui travaille avec vous?
    >J’ai demandé à choisir mon atsem dans l'école au début de l'expérience et 2 personnes se sont greffées au projet depuis cet été.


    Projet de faire le tour du monde pour chercher les meilleurs experts pédagogiques et scientifiques pour le monde de demain.

     

    Pour commencer, je lui conseillerais bien de lire la maternelle du XXIème siècle de Catherine Huby. Mais je n'ai pas son adresse postale pour la lui envoyer.


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