• Cette image est destinée à illustrer la vie quotidienne des hommes en France au Magdalénien dans le cadre du programme "questionner le monde" au cycle 2.

    Je l'ai réalisée pour Catherine Huby, mais si vous voulez l'utiliser, je serais ravie d'avoir vos retours. Si vous êtes férus d'Histoire et que vous pensez que, malgré toutes mes recherches, il reste des éléments anachroniques dans cette planche, n'hésitez pas à nous le signaler !

     

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    Personne ne me demande mon avis mais je suis un peu perplexe devant le nombre de gens et surtout d'enseignants (=êtres humains qui enseignent) qui trouvent "tellement nécessaire" l'idée de mettre des .e.s partout parce que "tellement oppressif" l'usage du masculin pour parler d'un groupe constitué d'hommes et de femmes...

    Personnellement je me sens un peu agressée au contraire chaque fois qu'on souligne ainsi la distinction de sexe dans des contextes où elle n'a aucune importance.

    En plus, j'ose à peine l'écrire car je sais qu'on va me prendre pour une naïve et une traitre à ma cause, mais je ne vois vraiment pas le rapport entre le genre grammatical et le genre des individus dont on parle. Sérieusement, on passe des années à répéter aux élèves que NON on ne peut pas dire "féminin c'est pour les filles, masculin c'est pour les garçons, ta chaise là, Toto, ce n'est PAS une fille, et ton crayon ce n'est PAS un garçon.", si c'est pour s'écharper une fois adulte sur le fait qu'on effacerait les femmes en ne mettant pas des .e.s partout, je désespère !

    Il faut dire aussi que je n'ai aucun avis sur la féminisation des noms de métiers. J'ai eu beau essayer de m'y intéresser je ne sais pas du tout s'il vaut mieux dire un juge ou une juge, un auteur ou une autrice pour parler d'une femme. En fait je m'en fiche. Pour moi l'important reste qu'on soit bien conscient qu'une personne qui écrit peut être homme ou femme sans que ça ne change grand chose. Et non, je ne crois pas une seconde que l'écriture inclusive puisse améliorer cela.

    Attention, écriture exclusivement non-inclusive !

     

    Sinon tant qu'à vouloir faire évoluer la langue à coups d'injonctions verticales, je propose qu'on recommence tous à s'appeler citoyens, citoyennes plutôt que monsieur, madame. On a pu voir par le passé l'efficacité de la chose après tout !

     

    Attention, écriture exclusivement non-inclusive !

    Apparemment ses revendications n'incluaient pas l'écriture inclusive

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  • Très très régulièrement (souvent en septembre pour fêter la rentrée des classes, mais pas seulement !) les médias ressortent l'inusable "querelle des méthodes de lecture".

    En général, ça donne quelque chose de ce genre :

    Vive la lecture en sons simples !

    Vive la lecture en sons simples !

    Vive la lecture en sons simples !

     

    En fait, les émissions de type "débats de spécialistes" doivent adorer ce sujet. Il permet en effet à peu de frais d'opposer deux positions théoriques contradictoires (syllabistes vs globalistes) qui ne sont en réalité jamais appliquées telles quelles en classe. On fait semblant ensuite de réinventer l'eau tiède en "mélangeant un peu des deux" et en appelant ça "méthode mixte". Sauf que ça ne fonctionne pas comme ça.

    Si la "méthode mixte" consiste à faire de la syllabique à coup de tableaux d'encodages abstraits à 8h (b et a ça fait ba, b et u ça fait bu,...), puis de la globale sous forme de mots outils à ingurgiter par dizaines à 10h et enfin à 16h de la "compréhension" en étudiant un album jeunesse que les élèves seront incapables de déchiffrer eux-mêmes... alors on a peu de chances d'aboutir à la fin de l'année à une classe entière de lecteurs autonomes.

    Le déchiffrage est en effet indispensable à la lecture, mais pour être utile il faut qu'il soit tout de suite réemployé pour lire de vraies phrases, puis de vrais textes.

    Il faut donc employer une méthode alphabétique , quelle qu'elle soit du moment qu'elle fonctionne... Elle ne contiendra pas nécessairement beaucoup de tableaux de syllabes mais s'appuiera en permanence sur le code alphabétique de la langue pour enseigner les correspondances entre les lettres et les sons de façon systématique.

    Or, le reproche fait le plus souvent à ces méthodes, c'est qu'au moins au début, elles ne permettent pas aux enfants de lire de "vrais textes"."textes riches" qui seraient donc l'apanage des méthodes à fort départ global. En réalité, on obtient alors souvent des élèves brillants qui donnent seulement l'illusion de lire et ont en fait appris par cœur leur page de lecture...

    Vive la lecture en sons simples !

    En effet, si on veut que les CP puissent déchiffrer tout ce qu'ils lisent, il va falloir se contenter de sons simples à décoder. Exit donc au début les "an", les "oi", ou même les suite de consonnes comme "pr, tr, cr,...". On se retrouve alors rapidement avec des pages de syllabes et pseudos mots dans certains ouvrages et dans d'autres avec des "la pipe de papi a fumé" à n'en plus finir. Rien de très stimulant pour les jeunes esprits, donc !

    Il y a donc un moment très frustrant pour l'apprenti lecteur, celui pendant lequel il est en train d'apprendre à lire, mais n'est capable de lire pratiquement rien dans la vie.

    Vive la lecture en sons simples !

     

    C'est pour les apprentis lecteurs qui ont besoin de prendre confiance et envie de lire de vraies histoires que Muriel Guitton avait créé "Poky et Lucas", que j'avais ensuite illustré.

    à l'époque, le petit chien n'ayant pas trouvé d'éditeur, l'auteure l'avait auto-édité. En effet, l'intérêt de Poky était qu'il permettait à l'enfant d'être en présence du véritable "objet livre", qui marquait son statut de lecteur, alors qu'en lisant sur fiche ou sur manuel, il ne prenait pas conscience qu'il commençait à savoir lire "pour de vrai" et pas seulement "pour l'école".

    C'est à destination du même public qu'a été créée la collection "vive", écrite par Laurence Pierson.

    Il s'agit de jolis petits bouquins de poche, avec une couverture souple à rabats qui donne l'occasion aux petits-plus-si-petits de dévorer un vrai roman de la première à la dernière page sans aide de l'adulte.

    Chaque récit met en scène un héros attachant que l'on suit dans des aventures répétitives (pour ne pas décourager le jeune lecteur) mais amusantes (pour ne pas risquer de le lasser)

    Vive la lecture en sons simples !

    Extrait de "Lila la petite fée"

    En ce qui concerne l'illustration, je n'y suis pour rien (d'ailleurs je n'y suis pour rien du tout dans cette collection et je n'ai pas d'action chez Samir éditeur) ! C'est l’œuvre de Jonathan Blezard. Elle convient parfaitement pour des enfants de 5 à 7 ans (globalement de fin de grande section/début de CP  ou de Ce1 quand l'apprentissage de la lecture n'a pas fonctionné l'année du cours préparatoire pour une raison quelconque). Le trait n'est pas du tout bébé mais drôle, vif et immédiatement déchiffrable, comme le texte !

    Vive la lecture en sons simples !

    Alors n'hésitez plus si vous avez dans votre entourage un ou des gamins qui commencent à associer lettres et sons et n'en peuvent plus de devoir demander constamment "et là il y a quoi d'écrit? Et ça fait quoi "o-i-n" comme son? " vous pouvez commander par ici ou aller chez votre libraire préféré !

    (et puis sinon peut-être qu'un jour Poky sera adopté par un pro, ou que Titine disparue (un projet d'album destiné aux plus jeunes) trouvera aussi un gentil éditeur qui voudra d'elle !

    Vive la lecture en sons simples !

    Étude pour "Titine disparue" un projet d'album à chercher entièrement en sons simples.

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    "Soyez scintillants sur la toile" ou comment j'ai découvert le webinaire...

     Aujourd'hui, je vais être quasiment hors-sujet.
     Quasiment seulement parce qu'il va s'agir d'un outil pédagogique, plutôt destiné à la formation pour adultes, certes, mais c'est de la pédagogie quand même, et ici on parle quand même relativement souvent de pédagogie. Et puis les enseignants aussi ont besoin de formations pour adultes et il se trouve que je suis enseignante. Donc je suis dans les clous. Et puis de toutes façons je fais ce que je veux, je suis chez moi, et en plus ici c'est la rubrique hors-sujet que je me suis moi-même autorisée à créer.
     
    Ce matin, donc, j'ai assisté à mon premier webinaire.
     

    C'est à dire que je me suis installée confortablement devant mon ordinateur et j'ai écouté une conférence qui expliquait comment se faire connaître sur le net.

    A la différence de ce qui se passe lors d'un cours magistral, j'ai pu intervenir par écrit sur le chat (aucun besoin de webcam ou de micro, donc) tout au long de la séance .

    Concrètement c'est gratuit, ça n'engage à rien et vous apprenez des tas de choses.

    Il vous suffit de cliquer ici :

     Porte d'entrée du webinaire

    vous vous préparez un thé ou un café ( ou un mojito ça ne me regarde pas )

    et c'est tout !

    La prochaine session aura lieu jeudi 21 septembre 2017 à 14h. Si vous voulez tester le principe du webinaire, en apprendre davantage sur les mécanismes du référencement sur le net ou si vous voulez élargir l'audience de votre site web, n'hésitez plus !

     

     

    "Hé, tu seras au webinaire jeudi?" "t'es ouf, je vais pas rater ça !"

     

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    Il y a peu, je postai un article sur le "dessin du bonhomme" à l'école maternelle. A cette occasion, les éditions Ebla m'ont signalé l'existence d'un de leurs ouvrages présentant les différentes étapes du dessin d'un bonhomme. Ils m'ont également envoyé 2 spécimens, ce dont je les remercie chaleureusement, en particulier ce joli livre dont je compte parler plus longuement aujourd'hui :

     

    premier test in vivo

    Il se trouve que j'avais à ma portée un cobaye (qui n'a pas été maltraité pendant l'expérience) de 3 ans exactement, donc dans la tranche d'âge visée par la collection (entre 2 et 7 ans).

    Elle a beaucoup aimé les images, a abondamment parlé, plus qu'avec la plupart des albums jeunesse, en me montrant chaque détail de l'illustration. Il faut dire qu'il y a assez peu d'éléments, l'ensemble étant très épuré, ce que j'apprécie beaucoup personnellement (et la petiote aussi il faut croire). Les images ressemblent vraiment à de la peinture enfantine, sans la singer comme ce peut être le cas dans certains albums jeunesse. Si mon côté maîtresse déteignait sur mon côté maman, je dirais que ce livre a été un excellent support de langage pour ma pitchoune !

     Du reste, je pense que c'est un bon point pour la collection d'être présenté davantage comme occasion "de visualiser l’évolution des dessins de l’enfant et d’aborder le vocabulaire des
    différentes parties d’un bonhomme, d’une maison et d’un arbre (...)"  plutôt que comme un énième bouquin de "dessin par étapes" du type "j'apprends à dessiner les arbres/les bonshommes/les maisons"

    Celui-là est magnifique : Même si on fait abstraction des stéréotypes de genre (une telle accumulation en une seule couverture, c'est très fort) on constate tout de suite qu'il s'agit de reproduire des gestes stéréotypés pour produire des dessins standardisés, et absolument pas de travailler ni l'observation du réelle ni une quelconque technique picturale.

    En effet, comme j'ai déjà essayé de l'expliquer notamment dans mon article sur le dessin du bonhomme, il me semble qu'on confond souvent l'exécution d'un dessin avec la compréhension de ses éléments.

    L'autre jour, ma puce me demandais de dessiner "un monsieur". Après avoir commencé de façon assez classique par la tête, je lui ai posé à chaque étape la question "Et maintenant, qu'est-ce que je rajoute?". Figurez-vous que, comme elle n'a pas encore bénéficié du programme spécial d'entrainement "dessin du bonhomme", elle m'a dit d'abord qu'il manquait les pieds, puis le ventre, puis les cheveux, puis les mains,... le tout dans un ordre assez aléatoire mais plutôt exhaustif.

    C'est qu'à son âge, on a du mal à concevoir le rapport des parties au tout. C'est la période du "dessin énuméré". Les petits font généralement de minuscules grabouillas, traits ou points en commentant "là c'est c'est la tête du dragon, là c'est une patte, là c'est la queue, là le château,...". On ne peut que les croire sur parole !

    Ainsi, lorsqu'il dessine un arbre, l'enfant dessine généralement comme on tracerait un pictogramme, en pensant plus à la signification "arbre" qu'à ce qu'il voit vraiment. Il "sait" qu'un arbre possède un tronc, des branches, des racines,... et va les représenter plus ou moins sommairement. Un ouvrage comme celui que j'ai montré à ma fille permettra alors de préciser cette connaissance des constituants de l'arbre.

    Dans le cas du "dessin du bonhomme", je pense donc que la lecture collective de l'album équivalent sur le bonhomme sera bien plus efficace pour l'enrichissement de "la conscience du schéma corporel" que la répétition ritualisée de la copie du "bonhomme par étapes" éventuellement guidée par la chanson d'Anne Sylvestre (même si j'aime profondément l’œuvre d'Anne Sylvestre)

    Lorsque l'on veut passer du dessin comme alternative à la rédaction du petit enfant au véritable dessin d'observation, le dessin par étapes ne me semble pas non plus pertinent, du moins tant qu'il est utilisé comme application d'une recette dont on suit chaque étape sans comprendre à quoi elle correspond par rapport au résultat final.

    (Traduction à destination des lecteurs dont les compétences en anglais sont en cours d'acquisition -> "Comment dessiner un hibou" 1. Dessine des cercles 2. Dessine le reste du foutu hibou )

     

     Bon, mais c'est bien gentil tout ça, si on ne peut pas se fier aux "j'apprends à dessiner les marsupiaux mignons en 4 étapes", comment on fait ?

    ... On apprend à observer (J'ai écrit il y a quelques années de petites leçons de dessin d'observation pour ceux que ça intéresse) , puis à dessiner vraiment ce qu'on voit en le décomposant en formes simples, chacun à son niveau : on montrera à l'élève de maternelle que le tronc de l'arbre est comme "un gros rectangle marron" dont partent "des branches qui sont comme des traits plus petits de la même couleur".

    L'enfant plus âgé et l'adulte feront des observations plus précises et seront capable d'une plus grande maîtrise d'exécution. L'amateur de dessin qui veut aller plus loin pourra lire le traité de la peinture de Léonard de Vinci et en tirer des conseils précieux pour améliorer son travail. ("Dans un automne vous ferez les choses conformément à la qualité du temps ; c’est-à-dire, qu’au commencement de cette saison les feuilles des arbres qui sont aux plus vieilles branches commencent à devenir pâles, plus ou moins, selon la stérilité ou la fertilité du lieu ; et ne faites pas comme plusieurs Peintres qui donnent toujours une même teinte et la même qualité de verd à toutes sortes d’arbres, lorsqu’ils sont à la même distance..." )

     

     

    (Sinon pour ceux qui veulent un "learning time" sur Dürer garanti sans dessin par étape, il y en a un ici -cliquez- )

    Par conséquent, je pense que les livres du type "j'apprends à dessiner" apprennent en réalité bien moins à dessiner que ce petit "l'arbre, que lui manque-t-il ?", même si ma fille en est encore pour l'heure aux gribouillis (et elle a bien le temps)

    Le dessin par étapes

     

     

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